L’histoire méconnue de l’amour entre femmes

Je ne vais pas vous raconter l’histoire de l’origine du mot lesbienne, non !

Mais plutôt l’histoire de l’émergence au grand jour de l’homosexualité entre femmes. Et cela se passe au 19e siècle, plus exactement vers 1880, période ou les femmes retrouvent le droit de demander le divorce, annulée par Napoléon et initialement instauré par Olympe de Gouge en 1791, mais hélas supprimé par Napoléon quelques années après. Mais Olympe de Gouge sera guillotinée peu après pour d’autres raisons politiques.

Mes informations viennent des lectures d’ouvrages datant du 19e siècle, trouvés à la Bibliothèque Nationale de France.

Deux femmes aux seins nus s’embrassent

Dans l’ouvrage de Pierre Delcourt datant de 1888, l’auteur observe que ces vingt dernières années, l’augmentation des amours entre femmes est prodigieux, c’est à dire que depuis 1870 environ, les femmes se lâchent enfin, car après des siècles d’interdits la liberté de choix est enfin là. Ces femmes considèrent le rapprochement homme/femme comme une monstruosité à laquelle il faut se soumettre pour vivre. A cette époque les relations lesbiennes sont fréquentes dans la haute société.

D’ailleurs, il y avait des tables d’hôtes à Paris, qui permettaient aux femmes de se retrouver pour assouvir leurs envies d’amour entre femmes. En effet, rue des Martyrs, il y avait « Chez Laure, puis la table d’hôte de Louise Taillandier au 17 rue des Martyrs. Colette fréquentait, un peu plus tard, les caves Montmartroises. C’est Montmartre, qui à la fin du 19e siècle est le centre Parisien, pour les lieux de bacchanales.

Le Hanneton, le Rat mort, la Souris vous accueillent à toute heure de la nuit et du jour pour une clientèle très éclectique. Le Hanneton était une brasserie au 75 rue de Pigalle.

Comme nous pouvons le constater, l’homosexualité féminine, dont le haut de cet iceberg à émergé aux yeux du monde à partir du 19e siècle, a aujourd’hui droit de citer; et fort heureusement.

Mais ce monde reste discret dans ses pratiques, seuls quelques fantasmeurs inventent et y voient simplement leurs désirs sexuels inassouvis. Le monde lesbien, nous devrions plutôt dire, ce monde de l’homosexualité entre femmes, touche tous les milieux féminins, toutes les couches de la société féminine, et elles sont discrètes ces femmes.

Si beaucoup de femmes aimeraient entrer dans cette danse, dans la réalité cela s’avère encore difficile par rapport au statut social. Beaucoup de femmes mariées aimeraient pouvoir établir une relation saphique avec une autre femme. Mais pour rester discrète c’est compliqué étant donné le mari derrière. L’ espace privé et donc discret est difficile à créer et à préserver. Les modalité de rencontre sont parfois compliquées.

L’amour entre femmes; c’est la garantie de l’orgasme.

Souvent le mari flaire « l’affaire »et pousse sa compagne, sa femme vers un plan à trois, mais si l’on en croit Elula Perrin dans son ouvrage « Pour l’amour des femmes », il s’agit là d’un des fantasmes des hommes, ne pouvant admettre que les femmes ensembles ont plus d’orgasmes que lors des rapports hétérosexuels, et veulent voir cette réalité de leurs yeux. Mais quelle erreur, car dans beaucoup de cas, le monsieur terminera seul sur la carpette. Car la venue d’un tiers masculin, s’accommode souvent très mal dans une relation entre femmes, à chacune de voir ! La lesbienne reste un être très discret et préserve son intimité aux regards des intrus.

Les désirs saphiques entre femmes.

Ceci étant dit, le Paris de la fin du 19e siècle est le foyer du lesbianisme, et de la bisexualité féminine en France et bien classé dans le peleton de tête des villes ouvertes en Europe. Les lieux de rencontres lesbiens sur Paris, pour la catégorie de femmes fortunées restent les salons privés, et certaines maisons conçues pour ce type de rencontres.

Mais pour les autres femmes pratiquant le saphisme, il y avait des salons publics, des bars, restaurants, appartements, music hall ect…

Même en ce temps là, beaucoup de salon étaient réservés pour les femmes, pas question d’y admettre des hommes, ce qui bien sûr posait pas mal de problèmes, car le mâle veut être partout chez lui, du moins le croit-il.

En 1881, Octave Uzanne écrit qu’à Paris, il y avait un grand nombre de ferventes du saphisme, et nombre de femmes de lettres, littéraire ou theâtre, bourgeoise mariée hétéro, ou simple femme, s’adonnaient au saphisme dans les lieux publiques, ou privés. Et aussi chez elles avec leurs femmes de chambre.

Il faut rappeler que toutes les lesbiennes de cette époque appartenaient au milieu lettré, principalement de la capitale. Les centres du lesbianisme bourgeois, mondain se trouvait sur Neuilly, et aussi sur Saint Germain. Mais d’autres quartiers plus populaires, étaient en vogue, comme Pigalle, quartier de Clichy, Montmartre, les grands boulevards, et des coins comme la rue des Martyrs, qui aujourd’hui encore respire un parfum de marginalité.

La capitale respirait le plaisir.

Jeu de séduction entre femmes.

Un certain nombre de brasserie parisienne étaient comme des villages de lesbos, les filles sortaient ensemble, et elles évitaient les hommes qui comme aujourd’hui avaient des comportements peu respectueux envers les femmes. Dans certains bars parisiens, c’est parfois des scènes de débauche entre femmes qui s’offrent à votre regard.

En fait, le lesbianisme, et le bisexualité féminine ne cesse de progresser dans cette deuxième moitié du 19e s.

Il y a aussi des prostituées femmes pour femmes. Avec des endroits de rdv entre femmes uniquement.

Toujours à la même époque, vers fin 19e siècle, la vertueuse population apprend, et s’en indigne, que les nobles dames bourgeoises ne dédaignent pas venir prendre part aux jeux de l’amour lesbien dans les maisons ou leur admission avait lieu au mépris de tous les règlements du moment.

Leo Taxil vers 1890, s’émeut du laxisme de la loi, et rappelle, en 1891, que l’admission des femmes dans les lupanars officiels comme visiteuses était un cas de fermeture pour l’établissement.

Cependant le laxisme était partout, et malgré cette interdiction, nous voyons beaucoup de femmes venir ouvertement dans les lupanars pour femmes. Il existait à Paris environ une quarantaine d’appartement destinés à recevoir ces nobles dames pour des rencontres saphiques. Tous ces appartements se trouvaient dans les quartiers de la Madeleine et de Chaussée d’Antin.

Toute la beauté du monde, c’est l’amour entre femmes.

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